« Énervé signifie trop manifestement, dans son apparence et dans sa structure, à qui l’on a enlevé les nerfs, qui n’a plus de nerfs, plus d’énergie, pour qu’on s’accommode mal de le voir exprimer de nos jours presque exactement le contraire. […] Un chanteur énervant, ce devrait être un chanteur qui endort. »
Exactitude étymologique d’une part, réalité linguistique qu’on ne peut ignorer de l’autre : la langue vit, se tord, oublie ses nuances, se les réapproprie quelquefois au détour d’un usage. La leçon de Renaud Camus ? S’immiscer dans le secret des mots, dans les rouages les plus délicats de notre grammaire, goûter au plus près les subtilités exquises de la syntaxe, donner accès à la véritable jouissance du parler et de l’écrit.
Né en 1946, Renaud Camus nourrit une œuvre aussi abondante que diverse et érudite (romans, récits, écrits politiques, artistiques, éloges, chroniques…). Il tient d’autre part un journal publié chaque année depuis 1985.