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Auteur : Collectif Editeur : Casterman Date de parution : 08/2011 Nombre de pages : 207 Présentation : Broché
Où va l’Amérique ? Dix ans après le 11 Septembre, ce livre s’interroge et tente de répondre à la question à travers les contributions croisées de nombreux intervenants. Des auteurs de bande dessinée, mais aussi des artistes comme CharlÉlie (ex-Charlélie Couture, qui vit désormais à New York), des journalistes et des éditorialistes, des architectes et des écrivains. Le projet, édité sous le label Radio France, est né d’une idée de Pascal Delannoy qui l’a coordonné avec Jean-Christophe Ogier, « Monsieur BD » de la station France Info. Ensemble, ils ont réussi à convaincre – avec difficulté, parfois – les différents participants de s’exprimer sur l’avenir des Etats-Unis, quelques semaines avant la commémoration des attentats du World Trade Center. Certains se sont en effet laissé tirer l’oreille, à l’image d’Art Spiegelman, l’auteur de Maus, qui a mis plus d’un an à accepter de participer, et à condition de ne pas le faire par le dessin. Accaparé par son travail sur MetaMaus, le livre par lequel il devrait en finir de manière définitive avec son célèbre Maus, Prix Pulitzer 1992, il était persuadé qu’on lui demanderait d’évoquer le 11 Septembre, lui qui refuse désormais de se retourner sur le passé. Spiegelman a finalement bien voulu répondre aux questions de Lorenzo Mattotti, autre célèbre auteur de BD. L’idée du livre, en effet, ne consiste pas à revenir encore et encore sur ce qu’il s’est passé voilà bientôt dix ans, mais bien à regarder droit devant et à s’interroger sur ce que seront les Etats-Unis de demain. 12 Septembre, sous-titré « l’Amérique d’après », fonctionne sur le principe des correspondances, entre les disciplines mais aussi entre les participants. Certains s’expriment à travers le dessin, comme Plantu qui « dialogue » avec le célèbre dessinateur américain Daryl Cagle, ou encore Jul, qui met en scène un Ben Laden expliquant, à l’aide d’un paper-board sur lequel est dessiné Mickey, que les Etats-Unis dissimulaient des « armes de distraction massive »… D’autres, comme l’écrivain Russell Banks, ont choisi le texte, d’autres encore l’entretien croisé ou la simple interview. Le dialogue « par-delà l’océan », pour reprendre l’expression de Jean-Christophe Ogier, est privilégié afin de confronter les points de vue et les sensibilités. Les amateurs de bande dessinée apprécieront les deux contributions de Joe Sacco et de Muñoz & Sampayo. La vision de Sacco, qui délaisse ici le reportage en bande dessinée pour s’essayer à la fiction prospective, est pour le moins inquiétante. Celle de Muñoz & Sampayo lui fait écho, dans ce noir et blanc si caractéristique qui touche par instants à l’abstraction pure. 12 Septembre va bien au-delà de la seule bande dessinée, mais il témoigne aussi de la formidable aptitude de la BD à rendre compte des interrogations de son époque, au même titre que le roman ou que tout autre mode d’expression. Pour l’anecdote, le livre a bénéficié, ce qui pourrait être paradoxal, d’un retard avant de partir à l’impression. Entretemps, les Américains ont retrouvé Ben Laden avec l’issue que l’on connaît. Ce qui a permis à Plantu et à Daryl Cagle de fournir, à la dernière minute, quelques dessins illustrant l’événement. 12 Septembre, à travers ces « dix-neuf regards sur l’Amérique de demain », de Jerome Charyn à Barbara Hendricks et d’Enki Bilal à Miles Hyman, nous propose des pistes de réflexion stimulante sur un pays qui, pour être passionnant et irritant à la fois, constitue plus que jamais une idée qui nous interroge tous.
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