Jacques Dutronc « Il est cinq heures, Paris s’éveille »
Jacques Dutronc fait partie de la génération des chanteurs qui ont connu le succès avec la vague yéyé des années 60. Chanteur devenu acteur dans les années 70, Dutronc est un artiste singulier qui mène sa carrière à son rythme tranquille, et qui sait rester à distance de son personnage.
Un chanteur décalé
Jacques Dutronc rejoint très jeune le milieu de la chanson. Adolescent, il jouait déjà de la guitare avec son voisin et ami Johnny Halliday au début des années 60 et, il a même crée un groupe, El Toro et les cyclones, qui connaîtra une petite notoriété.
Après avoir composé des chansons pour celle qui deviendra sa compagne, Françoise Hardi, la célébrité arrive pour lui en 1966, avec la chanson Et moi et moi et moi. L’auteur est l’écrivain et journaliste, Jacques Lanzmann qui devient alors son parolier attitré.
La France adore ce chanteur décalé, qui se produit en costume-cravate, joue avec son image de séducteur, et qui deviendra plus tard l’homme au cigare et aux lunettes noires. Avec nonchalance et désinvolture, il enchaîne les succès : Les plays boys, J’aime les filles et Les cactus.
A partir des années 70, Dutronc délaisse un peu la chanson pour le cinéma. Il tourne avec les plus grands metteurs en scène, Zulawski, Godard et Pialat. C’est sous la direction de ce dernier qu’il incarne magnifiquement le peintre van Gogh, ce qui lui vaut le César du meilleur acteur en 1992.
Il est cinq heures, Paris s’éveille date de 1967. Cette chanson est non seulement le plus grand succès de Dutronc, elle est aussi considérée comme l’une des meilleures de ces cinquante dernières années.
Rendez-vous Le français, ça vous chante ?
La chanson « Il est cinq heures, Paris s’éveille »
Dans la chanson Il est cinq heures, Paris s’éveille Jacques Dutronc nous invite à une balade dans le Paris du petit matin. Chaque couplet est comme la photographie, à cinq heures du matin, d’un quartier de la capitale.
Visitons donc Paris, au petit jour, en compagnie de Jacques Dutronc !
Au début de la chanson, il est à Pigalle, Place Blanche.
Je suis le dauphin de la place Dauphine
Et la place Blanche a mauvaise mine
Un coup de volant et le voilà rive gauche, à Montparnasse. A cette époque, la Tour Montparnasse n’est encore qu’un projet, mais la gare est déjà démolie.
Et sur le Boulevard Montparnasse
La gare n’est plus qu’une carcasse
De retour sur la rive droite, il se dirige vers la Villette où existent les anciens abattoirs remplacés aujourd’hui par la Cité des sciences et de l’industrie. Pendant ce temps, les touristes évoqués par l’expression « Paris by night » regagne les cars.
A cinq heures, on donc les noctambules, ceux qui rentrent se coucher ; et les lève-tôt, ceux qui au contraire arrivent pour travailler. La ville s’éveille avec l’arrivée de ces travailleurs du matin, souvent venus de la banlieue.
Les banlieusards sont dans les gares
Les bouchers travaillent à la Villette.
A la Villette ont tranche le lard
Les boulangers font cuire leurs pains leurs pains typiques de Paris et appelés « batârds ».
Les boulangers font des bâtards
Avant de rentrer chez lui, le chanteur passe par les beaux quartiers, le Paris monumental et éternel avec, la Tour Eiffel, la place de la Concorde et son Obélisque, la place de l’ Étoile qui ne s’appelle pas encore Charles de Gaule-Etoile.
La Tour Eiffel a froid aux pieds
L’Arc de Triomphe est ranimé
Et l’Obélisque est bien dressée
Entre la nuit et la journée
Dutronc observe avec une distance non dénuée de sympathie les brimés du petit matin, qui sont déprimés et aimeraient tant rester au lit encore un peu alors que lui, provocateur, continue à errer et n’a pas sommeil
Rendez-vous Le français, ça vous chante ?
La chanson « Il est cinq heures, Paris s’éveille »
Les jeux de mots
Dans cette chanson, les difficultés de compréhension tiennent essentiellement aux jeux de mots.